Pourquoi ?

 

Comment ?

 

Au commencement étaient les cartes. Cartes routières de l'enfance. Atlas géographiques. Mappemondes. Des territoires inépuisables, sans cesse revisités, supports d'interminables voyages immobiles. Et des questions d'enfant. Comment la carte représente-t-elle la

réalité ? Pourquoi deux cartes du même lieu mais d'auteurs distincts peuvent-elles être aussi différentes ? Pourquoi choisit-on tel détail plutôt que tel autre ? Telle représentation plutôt que telle autre ?

Des questions nourries et relancées par les expériences de la vie… Les Soviétiques fabriquent sciemment de fausses cartes, où certaines villes et installations ne figurent pas, alors que d'autres y sont créées de toutes pièces. Des artistes intègrent les cartes dans leurs œuvres. Certaines cartes (anciennes, géologiques…) sont en elles-mêmes de véritables chefs-d'œuvre. Alors, pourquoi pas en dessiner ex nihilo ?

 

Le pourquoi...

 

L'idée de cartes imaginaires m'a poursuivi durant des années, de façon très velléitaire (un croquis par-ci, une idée par-là, quelques notes sur de possibles réalisations). Le temps passant, je me suis mis au défi de passer à l'acte, un beau jour de 2005. Bien m'en a pris, car presque aucune des idées envisagées ne tenait... alors que de nouvelles pistes, impensées, s'ouvraient à moi.

J'ai toujours aimé les cartes, et de toutes sortes, pour leur beauté plastique mais aussi comme support à de profondes rêveries. Autant dire que mon activité "cartographique" est avant tout un (très) grand plaisir personnel...

 

...du comment

 

La technique ? Couper et coller, pour aller au plus simple, et exclusivement des cartes. A part quelques traits à l'encre de Chine et quelques coups de crayon, je ne maîtrise aucun outil graphique. Des morceaux qui mesurent parfois un millimètre carré, que j'ouvrage au cutter et au stylo-colle, aidé d'un support de découpe et d'une lampe-loupe. Il peut y en avoir plusieurs centaines, voire plus, dans les collages présentés ici, qui mesurent en général 10 centimètres sur 15.

L'idée de départ est soit de composer une carte apparemment authentique, mais qui ne peut pas l'être si on la regarde en détail, soit d'élaborer une composition employant le vocabulaire cartographique sans pour autant qu'elle ressemble à une carte. Parfois, nous sommes à la limite entre les deux, provoquant une indécision visuelle entre deux lectures de sens contradictoire. C'est alors à chacun de se faire sa propre idée, son propre voyage…

  Les cartes de voeux, c'est ici.

Prochaine expo, les Portes ouvertes des ateliers de Ménilmontant, les vendredi 30 septembre, samedi 1, dimanche 2 et lundi 3 octobre.

C'est !